Les Bourses européennes semblent requinquées par les 750 milliards d'euros mis sur la table cette nuit par la BCE : le CAC 40 gagne plus de 3 %. Signe que la manoeuvre de la BCE fait effet, les taux à dix ans se détendent également notamment pour l'Italie et la France alors qu'ils avaient fortement grimpé ces derniers jours, du fait des milliards d'euros mis sur la table par les gouvernements, rapporte Les Echos.
« Il n'y a pas de limites à notre engagement envers l'euro. » La phrase de Christine Lagarde, la patronne de la Banque centrale européenne, prononcée dans la nuit de mercredi à l'issue d'une réunion d'urgence de l'institution, devrait résonner toute la journée dans la tête des opérateurs boursiers. La question est de savoir si le bazooka dégainé par la BCE - 750 milliards d'euros de rachat de dettes publiques - sera suffisant pour faire revenir la sérénité sur les Bourses mondiales, qui ont connu un effondrement sans précédent ces dernières semaines.
Pour le moment, cela semble être le cas, du moins en Europe : les principales places financières du Vieux Continent rebondissent largement ce jeudi : le CAC 40 gagne plus de 3 %, tandis que le FTSE, à Londres, prend 0,5 % et que le DAX monte de 1,45 %.
Autre signe que la manoeuvre de la BCE fait effet, les taux à dix ans de la France et de l'Italie se détendent sensiblement, alors qu'ils étaient repartis fortement à la hausse du fait des milliards d'euros mis sur la table par les gouvernements. Le taux français est retombé sous la barre des 0,1 % ce jeudi - après avoir frôlé les 0,5 % - tandis que le taux italien est autour de 1,6 % après avoir dépassé les 2,4 %, soit une baisse de plus de 60 points de base. Le taux français était repassé en positif vendredi dernier.
« La logique du programme de la BCE est simple, note Philippe Waechter, chez Ostrum Asset Management. Les Etats vont dépenser d'énormes sommes d'argent pour compenser les effets négatifs de l'épidémie sur l'activité. Dans le même temps, les taux d'intérêt devront rester bas pour éviter un choc financier aux budgets des Etats et des entreprises. »
Outre la BCE, plusieurs autres banques centrales ont agi cette nuit en dehors de tout calendrier monétaire. La Réserve fédérale américaine a annoncé un troisième programme d'urgence en deux jours, visant à protéger les fonds de placement sur le marché monétaire d'éventuels mouvements de retraits massifs de la part d'investisseurs désireux de récupérer des liquidités. Les banques centrales d'Australie et du Brésil ont également annoncé une baisse de taux, et le lancement, pour la première fois en ce qui concerne l'Australie, d'un programme de rachats d'actifs.